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Cours de marxisme 1

09.03.2026

Indice

1- Économie et capitalisme

2- Classes sociales

3- La lutte des classes

4- Institutions et idéologies

5- L'État et les forces armées

6- Démocratie bourgeoise et dictature

7- Le gouvernement

8- Réforme et révolution

9- Parce que nous avons construit La Marx 

10- L'Internationale marxiste rassemble les révolutionnaires



1– Infrastructure ou économie

Le premier concept du matérialisme historique que nous allons examiner est celui d'infrastructure ou de forces productives. Il s'agit des êtres humains, de la nature et des relations qui s'établissent entre eux pour produire de la richesse et distribuer des biens. L'ensemble constitue l'économie d'une société .

Les êtres humains produisent ce qui est nécessaire à la vie en exploitant les ressources naturelles et en transformant les matières premières en produits finis, lesquels sont ensuite distribués. L'ensemble du processus de production et de distribution s'effectue grâce aux moyens de production et d'échange. Le marxisme définit ces moyens de production et d'échange comme étant les usines, les terres, les banques et les entreprises, où les travailleurs créent la richesse, la valeur et les biens qui permettent le développement économique de la société. Les moyens de production et d'échange constituent l'infrastructure ou les forces productives de la société.

Moyens de production et d'échange

« Dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent inévitablement dans des rapports déterminés, indépendamment de leur volonté, à savoir des rapports de production propres à un stade déterminé du développement de leurs forces productives matérielles. La totalité de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, le fondement réel sur lequel s'élève un édifice juridique et politique et auquel correspondent des formes déterminées de conscience sociale. Le mode de production de la vie matérielle détermine le processus social, politique et intellectuel de la vie en général. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur existence, mais leur existence sociale qui détermine leur conscience. » (Karl Marx, Contribution à la critique de l'économie politique, Préface)

Mode de production

Le mode de production désigne le système social qui prévaut durant une période donnée. Pour le marxisme, l'histoire de l'humanité comprend deux grandes étapes : le communisme primitif et la société de classes.

Communisme primitif

Le communisme primitif est un système social où les moyens de production sont la propriété collective, c'est-à-dire la propriété de tous. Il est enseigné dans les écoles comme une période de la préhistoire, et à cette époque, les classes sociales n'existaient pas. Ce système a perduré pendant des millions d'années ; les scientifiques découvrent constamment des fossiles plus anciens qui révisent la durée estimée de cette période.

L'émergence de l'exploitation et de l'État : La société asiatique

L'irrigation constitue une révolution des forces productives apparue il y a 8 000 ans, donnant naissance au mode de production asiatique ou bureaucratique (Chine, Égypte, Inde, Perse, civilisation maya). La propriété privée des moyens de production n'existait pas encore, mais une caste de bureaucrates s'est constituée, déterminant le sort des fleuves. L'État, le patriarcat et les castes aisées (bureaucrates, prêtres et militaires) ont émergé, dominant les castes pauvres de paysans, d'artisans et d'esclaves.

La société de classe

La société de classes est apparue au VIIe siècle avant notre ère. Elle correspond au stade où les moyens de production sont privatisés et où se forment les classes sociales. Ce concept est enseigné dans les écoles comme faisant partie intégrante de la civilisation et a perduré pendant environ 2 700 ans.

Dans la société de classes, 3 modes de production se sont développés :

· Le propriétaire d'esclaves (Grèce et Rome)

Féodalisme (Monarchies, comtés et duchés)

Le capitalisme, qui est le mode de production dans lequel nous vivons aujourd'hui


2 – Structure sociale ou classes

Le concept marxiste de structure ou de rapports de production renvoie aux classes sociales et aux rapports qui les unissent au sein d'un mode de production donné. Dans le mode de production capitaliste, on distingue trois classes sociales, dont deux sont fondamentales :

La bourgeoisie ou classe capitaliste : c'est la classe qui possède les moyens de production et d'échange. Elle vit des profits tirés de la possession de ces moyens de production. C'est une classe très restreinte, une minorité absolue dans la société.

La classe ouvrière ou prolétariat : c'est la classe de ceux qui vivent du salariat. Ils ne possèdent pas les moyens de production ; ils possèdent seulement leur force de travail. C'est une classe plus nombreuse que la bourgeoisie. Outre ces deux classes fondamentales, il existe :

La classe moyenne ou petite bourgeoisie : il s'agit de la classe des petits propriétaires terriens qui vivent des revenus générés par leurs exploitations. On peut citer comme exemples les paysans possédant une parcelle de terre ou les petits commerçants. Dans certains pays, cette classe est très importante ; dans d'autres, elle est très réduite. Elle est néanmoins plus nombreuse que la bourgeoisie, bien qu'elle vive sous la menace constante de la ruine causée par cette dernière.

Les classes sociales sont stratifiées. Il existe des strates supérieures et différentes classes sociales. Par exemple, au sein de la bourgeoisie, on trouve des industriels, des banquiers, des propriétaires terriens, etc. Ces différentes classes bourgeoises se livrent une concurrence féroce pour les profits ; chacun cherche à accroître ses gains. La classe moyenne est également stratifiée. On distingue des segments de la petite bourgeoisie supérieure qui vivent presque comme la bourgeoisie, et des segments de la petite bourgeoisie plus pauvres, tels que les paysans.

Cette classe sociale se divise lors des révolutions. Un secteur, minoritaire, suit la bourgeoisie, tandis qu'un autre, le plus pauvre et le plus nombreux, suit la classe ouvrière. La classe ouvrière et la bourgeoisie sont les deux classes fondamentales de la société car elles représentent deux projets de société distincts : celui de la bourgeoisie est celui d'une société de classes où la classe dominante possède les moyens de production, et celui de la classe ouvrière est celui d'une société sans classes où personne ne possède les moyens de production. La classe moyenne, quant à elle, n'a pas de projet propre ; elle suit soit la bourgeoisie, soit la classe ouvrière.

3- Superstructure : Institutions et idéologies

La superstructure est constituée d'institutions et d'idéologies. On parle aussi d'« illusion de conscience » pour désigner les idéologies. Le pouvoir exécutif, le parlement, l'Église, le pouvoir judiciaire, les partis politiques, les forces armées, etc., chacune de ces institutions fait partie de la superstructure de la société. Chaque institution véhicule une idéologie ; par exemple, l'Église et ses différentes confessions véhiculent une idéologie appelée religion, qui explique que les choses existent et se produisent parce qu'il existe une force surnaturelle qui décide de tout et que l'on appelle Dieu.

D'autres institutions, comme les partis politiques et le gouvernement, véhiculent également des idéologies. Toutes ces idéologies, ou fausses consciences, sont enseignées dans les écoles, les églises, les familles, les médias, les universités, etc., dans le but d'affirmer et de consolider la société de classes.

Les idéologies peuvent s'exprimer par des phrases telles que « Les employeurs et les travailleurs ont des intérêts communs », ou « Les forces armées sont là pour défendre la patrie », ou « Les hommes d'affaires sont bons parce qu'ils créent des emplois », ou « La démocratie est le meilleur système de gouvernement », ou « Les hommes d'affaires sont bons parce qu'ils créent des emplois ».

Ainsi, chaque institution remplit sa fonction qui consiste à masquer la réalité des différences de classes, faisant croire aux gens que nous sommes tous égaux, que les lois sont les mêmes pour tous, que l'armée nous protège, que la patrie appartient à tous et qu'il y a toujours eu des riches et des pauvres parce que Dieu l'a voulu ainsi.

L'opposé des idéologies et de la fausse conscience est la science. L'art et la science relèvent de la superstructure, mais la science ne fait pas appel à Dieu ; elle ne fait qu'affirmer ce qui est vérifiable et quantifiable dans la réalité. Le marxisme est une science appelée matérialisme historique, organisée comme une institution révolutionnaire au sein d'un parti qui œuvre à la fois dans la structure et la superstructure pour combattre ces idéologies et cette fausse conscience.

Le parti marxiste se fonde sur l'expérience que subissent quotidiennement les travailleurs et le peuple, qui constatent que les forces armées commettent un génocide, que les prêtres sont pédophiles et vivent dans le luxe, que la justice est indulgente envers les riches et sévère envers les pauvres, que les hommes d'affaires sont des voleurs qui licencient massivement lorsqu'ils ne font pas de profit, et que les partis bourgeois mentent constamment.

Les masses font ainsi l'expérience de la différence entre les fausses consciences et les idéologies et la réalité, et le travail de combat mené par le parti permet à des éléments précieux du peuple de se rapprocher du marxisme.

4- Lutte des classes et antagonismes de classes

Dans le Manifeste du Parti communiste, Marx et Engels affirment : « L'histoire de l'humanité est l'histoire de la lutte des classes . » Les idéologies, ou la fausse conscience, cherchent à occulter un fait scientifique vérifiable : l'existence de la lutte des classes. Le capitalisme présente une contradiction : la richesse est produite par le travail de la classe ouvrière ; autrement dit, la production de valeur est collective.

Mais comme les moyens de production sont la propriété privée, cette richesse est appropriée par la bourgeoisie ; autrement dit, l'appropriation de la richesse produite est de nature individuelle. La bourgeoisie ne laisse à la classe ouvrière qu'une faible part de la valeur qu'elle produit pour sa subsistance, sous forme de salaires, et le reste de la valeur produite, appelé plus-value, est approprié par la bourgeoisie.

Cette contradiction entre production collective et appropriation individuelle donne naissance à un autre phénomène : l'exploitation. Puisque les capitalistes s'approprient la plus-value produite, les travailleurs ne profitent pas de la richesse créée mais travaillent plutôt pour les profits des capitalistes.

Par conséquent, l'objectif du mode de production capitaliste est le profit, et non la production. Peu importe au bourgeois qu'il fabrique des bonbons, des nouilles, des avions ou des canons ; l'essentiel pour lui est de générer des profits. Et pour y parvenir, il contraint les travailleurs à travailler plus longtemps, à gagner moins, à multiplier leurs tâches et à ne jamais se plaindre ; en d'autres termes, il rend la situation de la classe ouvrière intenable et insupportable.

C'est là que les intérêts des deux classes, ouvrière et bourgeoise, s'affrontent car ils sont antagonistes, irréconciliables, ce qui provoque des grèves, des mobilisations, des insurrections et toutes les expressions de la lutte des classes, jusqu'à la guerre civile.

Il existe une idéologie de « conciliation des classes » qui postule que les intérêts des ouvriers et de la bourgeoisie sont harmonieux et convergents : « Si les patrons gagnent, les ouvriers gagnent aussi. » C'est faux. La bourgeoisie ne s'enrichit qu'en intensifiant l'exploitation, c'est-à-dire en réduisant les revenus des ouvriers. La « conciliation des classes » est une illusion, réfutée par la réalité de la lutte des classes, telle que l'affirme le marxisme.

5- L'État et les forces armées

L'État est la classe sociale dominante. Pour le marxisme, l'État est un « conseil qui administre les intérêts de la bourgeoisie », combattant ainsi la fausse conscience ou l'idéologie répandue selon laquelle l'État est impartial et que nous sommes tous égaux devant lui.

Autrement dit, pour le marxisme, l'État est une machine au service de la classe dominante. Si les nobles gouvernent, c'est un État féodal ; si ce sont les propriétaires d'esclaves, c'est un État esclavagiste ; si c'est la bourgeoisie, c'est un État bourgeois ou capitaliste ; et si c'est la classe ouvrière, c'est un État ouvrier.

Pour le marxisme, l'État n'est ni neutre, ni égal pour tous, mais revêt un caractère de classe. Lorsque nous parlons d' « État ou de nation », nous faisons référence à des pays comme l'Argentine, le Brésil, les États-Unis ou le Japon, qui présentent un caractère de classe ; autrement dit, nous parlons du Japon capitaliste, des États-Unis capitalistes ou de l'Argentine capitaliste.

Et nous ne cessons de souligner que nous sommes pour un État socialiste, que nous ne sommes pas pour le capitalisme.

Cependant, dans le mode de production capitaliste, la classe dominante, la bourgeoisie, est minoritaire et a donc besoin d'une force répressive pour imposer sa domination à la majorité de la population. L'État détient ainsi le monopole des armes, et les forces armées contrôlent l'armement.

Cette institution répressive, ce sont les forces armées ; s'il s'agit d'un petit pays capitaliste comme l'Argentine ou la Bolivie, ce sont de petites forces armées, et s'il s'agit d'un pays capitaliste impérialiste comme les États-Unis, il dispose du Pentagone et de ses sept flottes pour maintenir la domination des capitalistes sur le monde.

Les forces armées sont le pilier de l'État bourgeois ou capitaliste et comprennent différentes branches telles que l'armée de terre, la marine et l'armée de l'air, mais aussi les forces répressives : la police, la gendarmerie, les services de sécurité secrets, etc.

Si les forces armées venaient à disparaître, la bourgeoisie ne pourrait plus maintenir sa domination sur la société, car elle constitue une classe sociale minoritaire qui soumet la majorité à un mode de production cruel fondé sur l'exploitation.

Lors des soulèvements populaires, les forces armées sont chargées de les réprimer afin de maintenir le pouvoir des gouvernements bourgeois. L'existence même des forces armées, leur caractère réactionnaire et antidémocratique, ainsi que leur alliance avec les classes dirigeantes, engendrent une tendance persistante à l'émergence de gouvernements antidémocratiques. Actuellement, il n'existe aucun État socialiste ; tous les États existants sont capitalistes. Ceux qui avaient entamé une transition vers le socialisme, comme l'URSS et Cuba, sont revenus au capitalisme.

6- Le régime : démocratie et dictature

Le régime se compose des institutions par lesquelles la bourgeoisie maintient sa domination. Dans un État capitaliste, différents types de régimes peuvent coexister, allant de la démocratie à la dictature ; autrement dit, ils peuvent soit réprimer, soit garantir les libertés et les droits démocratiques. Le régime démocratique bourgeois est celui où la bourgeoisie impose son pouvoir par le biais d'institutions telles que les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire, tandis que dans une dictature bourgeoise, l'institution centrale est l'armée.

Alors que dans la démocratie bourgeoise, les masses jouissent de libertés démocratiques relatives, dans la dictature, les droits sont totalement supprimés. La domination bourgeoise oscille constamment entre ces deux régimes.

La fausse conscience ou idéologie diffusée par la bourgeoisie est celle de la « démocratie », ce qui est totalement faux. Dans la démocratie bourgeoise, l'exploitation de la classe ouvrière se poursuit et les injustices de classe s'aggravent, tandis que toutes les lois, élections et institutions sont conçues pour perpétuer la domination bourgeoise.

Les élections sont une mascarade, les institutions sont antidémocratiques et les droits et libertés acquis sont constamment menacés. En réalité, la démocratie bourgeoise est une dictature du capital déguisée, conçue pour garantir l'exploitation des êtres humains par d'autres êtres humains.

La bourgeoisie a lutté contre la noblesse pendant des siècles et, durant cette période de l'histoire humaine, elle constituait une classe sociale progressiste. Mais avec l'entrée du capitalisme dans sa phase finale de déclin, la phase impérialiste, la bourgeoisie cessa d'être une classe sociale progressiste et devint incapable d'acquérir de nouvelles libertés.

Avec la domination des monopoles et des entreprises, la dynamique de classe de la bourgeoisie régresse, la rendant non seulement incapable de réaliser de nouveaux progrès, mais menaçant également les acquis qu'elle avait elle-même obtenus en tant que classe sociale à d'autres époques. C'est pourquoi les régimes politiques tendent à devenir de plus en plus antidémocratiques, et la démocratie bourgeoise elle-même est constamment attaquée par la bourgeoisie, qui menace, restreint et limite les libertés mêmes qu'elle a jadis défendues.

7- Le gouvernement

Pour le marxisme, le gouvernement est constitué des partis et des individus qui détiennent le pouvoir. Si c'est le gouvernement des États-Unis, nous disons que c'est le gouvernement de Joe Biden et du Parti démocrate ; si c'est le gouvernement du Mexique, nous disons que c'est le gouvernement de López Obrador et de MORENA ; si c'est le gouvernement de la France, c'est Emmanuel Macron et le parti La République en Marche, et ainsi de suite pour tous les gouvernements que nous définissons de la même manière.

De même que nous définissons les catégories d'État et de Régime comme étant fondées sur la classe, nous définissons également la catégorie de gouvernement comme étant fondée sur la classe ; nous qualifions de gouvernements bourgeois les gouvernements qui représentent les capitalistes. Nous qualifions le gouvernement de la Commune de Paris de 1871, ainsi que le premier gouvernement soviétique de Lénine et Trotsky en 1917, de gouvernements ouvriers.

8- Réforme et révolution

Réforme et révolution sont deux termes opposés. Le marxisme postule qu'une révolution est nécessaire pour mettre fin au capitalisme, ce qui implique une transformation complète du système, le passage du capitalisme au socialisme. Cela signifie le transfert du pouvoir de la bourgeoisie à la classe ouvrière, l'abolition de la propriété privée des moyens de production et d'échange, et le passage à un mode de production où les moyens de production sont la propriété collective.

Ceci implique à son tour la disparition de la bourgeoisie, et finalement de la société de classes, car ceux qui détiennent le pouvoir, la classe ouvrière, sont une classe qui ne possède pas les moyens de production ; ainsi, si la classe au pouvoir ne possède rien, un État sans propriétaires s'établit, ce qui tend à éliminer les sociétés de classes possédantes.

À mesure que cette société se développe, les classes sociales elles-mêmes, la propriété privée des moyens de production et d'échange, et tous les phénomènes qui y sont liés, tels que le patriarcat (lié au droit d'héritage par la lignée masculine), l'oppression des femmes, les préjugés raciaux, l'oppression sexuelle comme celle des homosexuels, l'oppression de la jeunesse, etc., disparaîtront.

Le machisme et l'oppression sont inhérents à la société capitaliste et à la propriété privée des moyens de production et d'échange. De même que la lutte contre ces oppressions est essentielle à la lutte pour le socialisme, la révolution socialiste est fondamentale pour les éradiquer historiquement. Le machisme doit être vaincu immédiatement ; c'est pourquoi il constitue une étape fondamentale sur la voie du démantèlement de tout le système capitaliste. Le contraire de la révolution est la réforme.

Réformer un système, c'est en modifier certains aspects tout en préservant sa structure essentielle. Par exemple, obtenir des augmentations de salaire, des lois améliorant les conditions de vie, comme celles relatives à l'avortement ou à la séparation de l'Église et de l'État, ou toute autre revendication, même mineure, constituent des réformes.

Autrement dit, ces réformes ne modifient pas la structure du système capitaliste, qui demeure inchangé, et l'exploitation et les classes sociales persistent. Notre parti lutte de toutes ses forces pour ces réformes, mais nous insistons sur le fait qu'il ne suffit pas de réformer le capitalisme ; il faut l'abolir, car chaque progrès, chaque avancée, aussi minime soit-elle, est sans cesse menacé par le capitalisme lui-même, qui empiète constamment sur tous les acquis sociaux et les anéantit.

Notre tâche, en tant que révolutionnaires, est de mener le combat pour les réformes, de tout donner pour elles et de risquer nos vies pour leur triomphe. Parallèlement, nous dénonçons l'insuffisance de la seule réforme, car toutes les injustices persistent et, même si nous n'allons pas jusqu'au bout, nous risquons de perdre les réformes obtenues, le capitalisme les mettant constamment en péril. Autrement dit, tout en luttant pour des réformes, nous affirmons lutter pour la révolution et nous expliquons patiemment aux travailleurs et au peuple les raisons de cette conviction. De ces deux conceptions de la réforme et de la révolution émergent deux mouvements politiques : le mouvement réformiste et le mouvement révolutionnaire.

Les réformistes sont ceux qui affirment que le cœur de l'organisation politique réside dans la lutte pour les réformes. Ils promeuvent des lois, suscitent des attentes envers le parlement bourgeois, soutiennent que les médias et les mouvements culturels peuvent transformer la société, ne luttent que pour les syndicats ou des enjeux mineurs, promeuvent des lois et des améliorations partielles, et concentrent leurs efforts sur la lutte pour les réformes. Les réformistes ont développé différents fondements pour leur action politique. Certains affirment que la lutte pour les réformes mène au socialisme et que chaque jour qui passe, avec de nouveaux sièges gagnés et des progrès sociaux réalisés, rapproche le socialisme.

Cette approche s'apparente à un autre courant réformiste qui prétend que le capitalisme ne devrait pas être modifié car il s'agit d'un système susceptible d'évoluer progressivement, et que les réformes visent donc à créer un capitalisme meilleur. Il s'agit d'une conception erronée qui entrevoit la possibilité d'une évolution progressive par le biais des réformes, que ce soit vers un capitalisme meilleur ou vers le socialisme. Cette vision ne tient pas compte de la contre-révolution que développe le capitalisme dans sa phase décadente, de sa dynamique désastreuse de destruction des forces productives et de la nature, ni du caractère de plus en plus réactionnaire de ses gouvernements.

Il existe un autre courant réformiste qui soutient que le capitalisme est très puissant, indestructible, et que la révolution est impossible ; par conséquent, la seule option serait de lutter pour des réformes. Cette vision erronée est également fausse, car le capitalisme est en crise, et si tous les systèmes sociaux ont été dépassés au cours de l'histoire, rien ne permet de croire que le capitalisme ne puisse pas l'être aussi. Quoi qu'il en soit, les réformistes sont toujours des défenseurs du capitalisme, soit parce qu'ils refusent de promouvoir la révolution en arguant que « c'est impossible », soit en arguant que « les réformes suffisent ». Quel que soit l'argument, la stratégie est la même : « Laissons le capitalisme continuer pour l'instant . »

Nous, révolutionnaires, affirmons que le capitalisme n'est plus progressiste et qu'il doit être transformé par la révolution. Nous soutenons qu'il est impossible de le changer par des réformes et que, de surcroît, les stratégies réformistes mènent à l'échec. La bourgeoisie doit être vaincue et la classe ouvrière, unie au peuple, doit mener la révolution afin d'établir un État qui représente la domination de la majorité sur les classes minoritaires possédantes.

Nous, révolutionnaires, ne plaçons pas nos espoirs dans le Parlement, les lois, le système judiciaire, ni dans aucune institution du régime ; au contraire, nous les dénonçons sans relâche. Chaque fois que nous obtenons une réforme, nous, révolutionnaires, affirmons qu'une nouvelle mobilisation révolutionnaire est nécessaire pour la consolider et la défendre. Puisque les classes dirigeantes, une fois renversées, tenteront de reprendre le pouvoir, l'État ouvrier naissant doit se protéger de la contre-révolution capitaliste jusqu'à la disparition des classes.

Nous, marxistes, l'appelons la « dictature du prolétariat », c'est-à-dire la dictature la plus démocratique de l'histoire, car elle est le règne des classes majoritaires qui instaurent une société sans classes, contre la bourgeoisie et les autres classes exploiteuses minoritaires. Les courants réformiste et révolutionnaire sont des ennemis mortels. Nous pouvons conclure des accords temporaires avec les réformistes, mais nous savons qu'à long terme, ils nous trahiront pour défendre le régime bourgeois. L'histoire regorge d'exemples de ce phénomène.

Un aspect essentiel de notre activisme consiste à démasquer les réformistes qui parlent aussi de socialisme, qui prétendent être marxistes, trotskistes, révolutionnaires, etc., mais qui constituent un obstacle car ils nous trompent et nous empêchent d'avancer vers la construction d'une organisation révolutionnaire en semant la confusion parmi de nombreux camarades précieux.

Actuellement, l'Internationale progressiste, dirigée par Bernie Sanders du Parti socialiste démocrate d'Amérique (DSA) et Yanis Varoufakis de Syriza en Grèce, est l'organisateur mondial du mouvement réformiste. Le principal idéologue du réformisme à l'échelle mondiale est la revue américaine Jacobin, dans laquelle des intellectuels et des dirigeants réformistes du DSA, aux États-Unis et dans le monde entier, publient leurs propositions.

Les réformistes s'opposent à la création d'une organisation révolutionnaire car, pour les activités qu'ils mènent – ​​qu'elles soient purement parlementaires, électorales ou axées sur la défense des revendications fondamentales – une telle organisation est superflue. Cependant, si leur stratégie est révolutionnaire, la mise en place d'une organisation à cette fin devient essentielle. Il est donc nécessaire de définir les conditions qu'une organisation doit remplir pour être considérée comme révolutionnaire.

9- Parce que nous avons construit Le Marx

La Marx s'inscrit dans un projet de construction d'une organisation révolutionnaire, tant au niveau national qu'international. Pourquoi construisons-nous La Marx ? Parce que le mouvement marxiste et révolutionnaire international traverse une crise, crise qui se manifeste par l'absence d'une organisation révolutionnaire fédérant les révolutionnaires du monde entier. Cette absence d'un pôle mondial rassemble les forces révolutionnaires, ce qui engendre une fragmentation considérable de la gauche, un constat aisément réalisable pour quiconque souhaite rejoindre une organisation marxiste et révolutionnaire.

Nombreux sont les groupes et organisations qui se réclament du socialisme, du marxisme ou de la révolution, mais qui sont en réalité réformistes. Ils abandonnent ou n'ont jamais adopté les principes marxistes. On peut les regrouper en deux catégories :

1) Organisations à direction bourgeoise qui défendent le capitalisme :

Aux yeux de millions de personnes, ils apparaissent comme socialistes, marxistes ou révolutionnaires, mais en réalité, ils soutiennent des partis capitalistes ou des dirigeants qui défendent le capitalisme. Ce bloc comprend notamment Bernie Sanders (Parti démocrate américain), Jeremy Corbyn (Parti travailliste britannique), Xi Jinping et le Parti communiste chinois, Alexis Tsipras et Syriza (Grèce), Raúl Castro et le Parti communiste cubain, Trai Dan Quang et le Parti communiste vietnamien, Kim Jong-un et le Parti communiste coréen, Nicolás Maduro et le Parti socialiste unifié du Venezuela, Luiz Inácio « Lula » da Silva et le Parti des travailleurs du Brésil, ainsi qu'Evo Morales et le Mouvement pour le socialisme de Bolivie.

Ces organisations utilisent les termes « socialisme » ou « communisme » ; par exemple, Syriza signifie « Coalition de la gauche radicale » en grec. Elles se présentent comme des organisations défendant les travailleurs ou luttant pour le socialisme, mais en réalité, elles appliquent des plans d'ajustement violents du FMI, travaillent pour des multinationales impérialistes et imposent des conditions de vie épouvantables et une surexploitation des travailleurs.

Certains de ces gouvernements ou dirigeants critiquent l'impérialisme ou s'y opposent, mais rien de tout cela ne doit nous laisser croire qu'ils défendent le capitalisme. Ce groupe comprend également les organisations qui parlent de révolution, célèbrent des révolutionnaires comme Che Guevara, mais soutiennent des dirigeants bourgeois ou promeuvent des coalitions avec la bourgeoisie. Ces courants sont principalement organisés au sein de l'Internationale progressiste.

2) Organisations sans direction bourgeoise qui adoptent la stratégie réformiste :

Il existe d'innombrables organisations qui, bien que se réclamant marxistes, léninistes ou trotskistes, se réclament de la bourgeoisie et soutiennent des dirigeants bourgeois ou concentrent leur action sur les institutions de la démocratie bourgeoise, telles que le parlement, les municipalités ou les comtés. Ces organisations, tout en se revendiquant publiquement marxistes, mêlent opportunisme et une approche ultra-gauche et sectaire de la lutte des classes.

Ils méprisent le travail au sein des organisations de masse et, lorsqu'ils ont l'occasion de diriger, ils mènent des luttes vouées à l'échec par des politiques désastreuses ou s'abstiennent de participer à la lutte des classes. Nombre de ces organisations disposent d'une structure d'ONG ou de coopérative qui leur assure un financement substantiel. De plus, elles peuvent également tirer des revenus importants des adhésions syndicales ou de la présence de représentants au Parlement, ce qui leur permet de se doter d'un puissant appareil. C'est le cas des organisations du Parti socialiste des travailleurs (SWP), basé aux États-Unis, qui soutiennent le Parti communiste de Cuba.

Des organisations comme le PSTU du Brésil, qui gère d'importants fonds provenant des revenus syndicaux et construit ses propres centres de formation, ou l'Université marxiste, qui met en œuvre le soi-disant « Courant marxiste international » dirigé par Alan Woods et qui a soutenu le gouvernement capitaliste d'Hugo Chávez au Venezuela, sont des exemples de courants qui apparaissent comme « révolutionnaires » mais qui évoluent vers le réformisme.

Ce bloc comprend la NPA française, qui soutient Syriza, et Podemos en Espagne, ainsi que des groupes comme le FIT, le MAS et le MST en Argentine, et les factions actives au sein du PSOL brésilien. Ils placent les élections bourgeoises au cœur de leur stratégie, votant les lois aux côtés de la bourgeoisie au Congrès ou exigeant la libération de dirigeants bourgeois comme Lula. Leur priorité est la campagne électorale et la démocratie bourgeoise. Nous qualifions ce processus d'adoption d'une stratégie réformiste par ces groupes de « processus de social-démocratisation ».

Certaines de ces organisations appartiennent à l'Internationale progressiste ou entretiennent des relations fraternelles avec des organisations de l'Internationale progressiste (IP). Qu'elles en fassent ou non partie, ces organisations défendent généralement les positions politiques, voire théoriques, de l'Internationale progressiste. L'existence de ce processus explique l'absence d'une organisation révolutionnaire unissant les révolutionnaires à l'échelle mondiale. Cette absence explique, à son tour, la création de La Marx. Nous devons créer La Marx car une tâche cruciale pour l'avenir de l'humanité est à l'ordre du jour : le regroupement des révolutionnaires.

10- L'Internationale marxiste rassemble les révolutionnaires

Il est à la fois actuel et nécessaire de rassembler les révolutionnaires, par-delà les langues, les races et les frontières, autour de la méthode, du programme et des objectifs définis par le marxisme. Lorsque Karl Marx et Friedrich Engels publièrent le premier ouvrage officiel du marxisme, le Manifeste du Parti communiste, en 1848, c'était dans le but d'unir un groupe de révolutionnaires autour du socialisme scientifique.

Suite à la publication du Manifeste du Parti communiste, des millions de travailleurs et de militants à travers le monde ont embrassé le marxisme, et des organisations marxistes internationales ont vu le jour, connaissant leur essor et leur déclin au gré des révolutions et de la lutte des classes. Aujourd'hui, aucune organisation marxiste internationale de masse ne rassemble les travailleurs du monde. Cependant, les conditions nécessaires à sa création sont plus favorables que jamais : des milliers de militants de tous les continents et de tous les pays, représentant une diversité de régions, d'ethnies et de langues, mènent la lutte mondiale contre le capitalisme.

C'est là que l'appel du Manifeste communiste et du marxisme prend toute sa pertinence : regrouper les révolutionnaires. C'est la tâche la plus importante de toutes, celle que nous accomplissons au sein de l'Internationale marxiste : regrouper les révolutionnaires pour entamer la construction d'une Internationale, dans le but de reconstruire la Quatrième Internationale. Ce cours que nous proposons fournit les outils nécessaires à tous ceux qui s'engagent sur cette voie.

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